lundi 11 octobre 2010

Lancement - Manolo Blahnik s'entiche de Miller Harris

Je vous ai déjà parlé du fabuleux magasin Liberty et de l'excellente marque de parfums niche Miller Harris...

Eh bien cette combinaison déjà bien intéressante est enrichie d'une collaboration avec le célèbre chausseur Manolo Blahnik à qui Liberty a décidé de laisser carte blanche. Le temps d'une collection d'accessoires exclusive pour le grand magasin, la marque célébrée par Carrie Bradshaw et ses amis se réinvente autour des imprimés Liberty.

Et c'est dans ce cadre qu'elle s'est associée à Miller Harris pour le lancement d'une bougie parfumée en édition limitée. La fragrance de cette bougie intitulée "Bouton de Rose" est, selon Kristina Blahnik, petite-fille du créateur, une “évocation précise des senteurs de roses, de citron, d'orange et de baies que l'on respire quand on se promène dans la demeure du 17ème siècle de mon arrière grand-père aux Canaries - Manolo adore cet endroit", précise-t-elle. Tout un programme!

En rupture de stock il y a quelques jours, Liberty vient d'être réapprovisionné! A l'approche des fêtes de fin d'année, cette bougie collector me semble être une idée cadeau bien sympa pour les fans de Monsieur Blahnik... et ce, pour "seulement" £36, soit un dixième du prix d'une paire de ses chaussures ;-)

lundi 4 octobre 2010

Donnez, donnez, do-do-onnez...

Personnes âgées isolées, femmes battues, malades de cancers du sein ou autre, élèves défavorisés, animaux maltraités… Au Royaume-Uni, toute cause est bonne pour faire du business. Chacune a sa kyrielle de charities ou associations caritatives, qui emploient 1 personne sur 50 dans le pays ! Publicités dans le métro montrant des ados SDF vous implorant du regard, appels téléphoniques destinés à vous soutirer 1£ par mois pour les chiens abandonnés, pleines pages dans les magasines et journaux avec des gros plans sur des becs de lièvres d’enfants du bout du monde, pages de publicité montrant des blessures béantes dans des hôpitaux délabrés… le choix est large et le sensationnel au rendez-vous.

Pourtant les Anglais, éduqués au stiff upper lip (littéralement : lèvre supérieure raide, l’opposé de ce qu’il nous arrive quand on s’apprête à pleurer) font tout pour ne pas montrer leurs émotions en public. Au pub, ils préfèrent multiplier les pintes de bière tiède qui les font délirer plutôt que de se lancer dans des conversations profondes sur des sujets trop personnels. Au travail, on ne plaisante pas trop et on évite les discussions d’ordre privé –  c’est la business attitude qui règne. Mais quand il faut donner pour une charity, quelle qu’elle soit, et peu importe ses revenus, ils répondent « présent », et en masse. Une séance de rattrapage pour la bonne cause, en somme.

Alors forcément, les moyens sont là et les sollicitations véritablement incessantes. Je dois avouer que quand on n’y est pas habitué, c’est assez insupportable et ça peut même carrément enlever l’envie de jouer le jeu. Mais bon, c’est vraiment un des dadas des Britanniques alors toutes les industries essaient de se faire une place dans ce business, y compris celle de la beauté. C’est au travers de deux initiatives très importantes au Royaume-Uni que j’aimerais vous en dire plus à ce sujet.

 

La première est une association qui se nomme « Look Good… Feel Better ». Créée il y a presque 20 ans et maintenant présente dans 21 pays, il s’agit d’une initiative très intéressante. Le principe : organiser des ateliers rassemblant des femmes atteintes de cancer, et les aider à se sentir mieux grâce à des activités liées à l’amélioration de leur apparence. Cela va de retrouver le goût à se maquiller, à apprendre à choisir sa perruque, savoir poser son foulard sur la tête ou redessiner des sourcils devenus trop rares.

Un des points critiques pour LGFB est de collecter des produits de beauté et des fonds. Mais pas de souci pour l’association, toutes les entreprises du secteur se bousculent au portillon. Pendant que Procter & Gamble fournit un entrepôt gratuit, une multitude d’entreprises offrent des produits : Estée Lauder, L’Oréal, Coty, Elizabeth Arden, Revlon, Clarins, LVMH, Sisley et bien d’autres. Mais elles s’appliquent aussi à collecter des dons. Dans mon entreprise précédente, des ventes de produits déréférencés (pour cause de changement de packaging ou de collections saisonnières) étaient régulièrement organisées, et l’ensemble des recettes allait à LGFB. Dans mon entreprise actuelle, il y a souvent des ateliers destinés à collecter des fonds : concours de pâtisserie, jeux, etc… On a même eu récemment la présidente de l’association ainsi qu’une bénéficiaire qui sont intervenues pour nous expliquer le fonctionnement de cette organisation et nous remercier de notre générosité en nous assurant que nous étions une des marques les plus généreuses – le même discours est-il tenu aux autres ?... voilà la question qu’en tant que cynique Française, je n’ai pu empêcher de me poser.

 

L’autre initiative dominante sur ce marché (appelons un chat, un chat) est Breast Cancer Awareness, destinée à lutter contre le cancer du sein et utilisant le ruban rose comme symbole. Chaque début d’octobre, c’est le branle-bas de combat : quantités de marques (de beauté mais pas seulement) lancent des produits plus ou moins roses pour se faire entendre, tout ou partie des ventes allant à l’association. Cette initiative est très fortement soutenue par les marques du groupe Estée Lauder (comme Aveda, Bobbi Brown, Clinique, Crème de la Mer etc) car la mythique fondatrice de cette multinationale était particulièrement sensible à cette cause.

Et c’est précisément cet évènement annuel qui m’a donné envie de vous parler de ce phénomène, et en particulier une double page de l’excellent hebdomadaire féminin gratuit Stylist. Chaque semaine, la première double page de ce magasine est une « style list » très attendue : les 30 produits (beauté, prêt-à-porter, maison…) qui font le buzz cette semaine. Mercredi dernier, cette liste était consacrée aux produits roses participant à l’opération Breast Cancer Awareness. Et là je me suis dit : quelle sacrée opération de comm’ ! Ca fait une jolie histoire et un joli produit que les attachées de presse peuvent envoyer aux rédactrices beauté (c’est texto ce qu’on disait d’un produit sur lequel j’ai travaillé dans mon entreprise précédente et qui –  bingo ! –  figure sur cette page), ça donne une bonne image, ça améliore la visibilité en point de vente… bref, cela permet aux marques, connues ou inconnues, de faire parler d’elles en bien et accessoirement de booster leurs ventes dans la période un peu creuse qui précède les achats de Noël.

 

Forcément, tout cela soulève plein de questions quant à l’authenticité et la motivation derrière ces démarches... Y participer n’est-il pas devenu, par la force des choses, quasi obligatoire ? Les marques qui jouent le jeu le font-elles plutôt pour des raisons honorables, ou tout simplement pour s’en mettre plein les poches et/ou se racheter une réputation au passage?

Evidemment, impossible d’apporter une réponse claire à ces questions, mais je serais curieuse de connaître votre avis. Que pensez-vous de ces initiatives ? Avez-vous envie d’acheter les produits mis en avant par Stylist ? Mais… parce qu’ils sont roses, parce qu’ils sont cités par ce magazine branché, et qu’ils vont devenir par conséquent des it-machins, ou bien parce que vous voulez faire une bonne action ? Enfin et surtout, le fait qu’une marque soutienne ce genre d’associations vous donne-t-il une meilleure image d’elle ?

lundi 27 septembre 2010

Lancement - Accessorize se lance dans le maquillage

De nouveau dans ma nouvelle rubrique « Actualités », c’est cette fois d’un lancement très attendu outre-Manche que je vais vous parler aujourd’hui : celui de la gamme de maquillage estampillée Accessorize.



Si vous ne connaissez pas encore Accessorize, quelques mots sur cette entreprise. Il s’agit d’une chaîne britannique d’accessoires née en 1984. Aujourd’hui, elle a une présence forte dans tout le Royaume-Uni, mais aussi à l’international avec notamment, en France, quelques magasins en propre ainsi que des corners dans des grands magasins. Plus mode que sa concurrente Claire’s, mais aussi plus chère et plus variée, Accessorize mise sur les talents d’une équipe de designers en interne qui réagit au quart de tour aux tendances. Cette créativité, assortie d’un grand nombre de références, fait d’Accessorize LE point de chute de toute jeune femme britannique souhaitant donner un peu de peps à sa tenue.



Et quand on va s’acheter un bracelet ou un foulard pour aller avec son nouveau manteau ou ses nouvelles chaussures, pourquoi ne pas s’offrir aussi un vernis ou un fard à paupières qui va avec ? C’est cette évidence - assortie du carton de TopShop avec sa ligne TopShop Make Up commercialisée depuis quelques mois - qui fait du lancement de la gamme de maquillage Accessorize un évènement attendu de pied ferme par la blogosphère britannique, renforcé par de jolies photos et des articles positifs dans la presse.

Côté distribution, on retrouvera cette ligne d’ici la fin du mois dans les boutiques Accessorize et sur leur site web bien sûr, mais également chez Superdrug, l’ami des p’tites Anglaises fanas de maquillage flashy et pas cher – de 3 à 10 livres.

Autre particularité : outre un catalogue XXL (plus de 150 références, toutes catégories sauf teint), la marque propose une segmentation par thèmes plutôt que par types de produits. Ainsi, on pourra choisir entre With Love (ligne phare - photo ci-dessous), Exotic Bright (esprit Bollywood), Rock Star (pour un look haut en couleur), Illusion (textures nacrées / irisées) et Je T'aime (esprit "parisien" avec des couleurs classiques et des pastels) – les teintes mais aussi les packagings varient en fonction de ces thèmes complémentaires.



Bien évidemment, dès que j’aurai l’occasion de tester je viendrai vous raconter tout ça dans un billet dédié... En attendant, que pensez-vous de ce concept ? Vous inspire-t-il confiance ? Aimeriez-vous voir cette gamme arriver dans les boutiques et corners français d’Accessorize ? Ou ces produits vous semblent-ils mieux correspondre aux goûts des Anglaises ?

lundi 20 septembre 2010

News - The Perfume Diaries

Ce nouveau billet est l’occasion pour moi d’inaugurer une nouvelle rubrique sur ce blog : « Actualités ». Avec des articles plus courts qu’à l’accoutumée, mais aussi plus fréquents, je profiterai de cet espace pour vous faire part de lancements qui ont attiré mon attention ou encore d’évènements intéressants, tous bien entendu liés à l’actualité de l’univers de la cosmétique et de la pafumerie outre-Manche.

Pour commencer en beauté j’aimerais vous parler d’une exposition exceptionnelle organisée par le grand magasin Harrods : The Perfume Diaries.





Comme toute création et production humaine, la parfumerie est influencée par les époques et les évènements. Cette exposition nous plonge dans un voyage chronologique, du 19ème siècle à nos jours, et retrace les évolutions de la parfumerie en les mettant en perspective avec les grands évènements historiques et les tendances sociologiques.

De l’Eau de Cologne Impériale de Guerlain créée en 1830 et utilisée par l’impératrice Eugénie, en passant par l’avènement des aldéhydés avec Chanel n°5, jusqu’à la révolution des parfums mixtes ou au phénomène des parfums de stars, The Perfume Diaries met parfaitement en lumière l’influence déterminante du monde qui l’entoure sur le parfumeur et son travail, mais aussi sur les flacons et publicités de parfums.

Bien qu’ayant suivi, lors de mon Master, un cours passionnant d’histoire de la parfumerie avec la l’historienne Elisabeth de Feydeau (dont je vous conseille le blog très intéressant), j’ai certes retrouvé pas mal de choses qui ont rafraîchi ma mémoire, mais j'ai été ravie d'apprendre aussi énormément! Car ce cours ayant été principalement axé sur la parfumerie française, n’oublions pas que, si cet art est souvent associé à Paris, nous n’en avons pas le monopole.
Ainsi j’ai apprécié découvrir des histoires passionnantes sur les premières créations d’Estée Lauder en 1953, la rupture amorcée par Revlon avec Charlie en 1973, l’influence de CKone en 1994, l’explosion des parfums de star avec les blockbusters siglés Jennifer Lopez ou Sarah Jessica Parker. Le niveau de détail sur les maisons de parfumerie anglaises (Floris, Penhaligon’s, Grossmith) aussi, m’a réjouie.



Cette chronologie est aussi l’occasion de remettre sous le feu des projecteurs des maisons disparues ou devenues plus confidentielles, mais qui ont pourtant marqué l’histoire du parfum grâce à des créations sublimes et différentes : c’est ainsi le cas de Worth, dont le parfum Je Reviens devint tout un symbole pendant la 2ème guerre mondiale où les soldats l’offraient à leurs compagnes ; de Robert Piguet dont les sophistiqués Fracas ou Visa sont restés dans les annales de la parfumerie ; ou encore de Lubin, maison préférée de Marie-Thérèse de France, fille rescapée de Marie-Antoinette…











En bonus : une ribambelle de très anciens flacons Guerlain (Roja Dove, créateur de l’exposition et expert en parfum vénéré en Angleterre, a été formé chez eux), des parfums à sentir pour chaque époque, quelques éléments plus techniques et captivants expliquant la création d’un parfum ou l'intérêt et la beauté des matières synthétiques...



Bref, si vous êtes sur Londres d’ici le 2 octobre 2010, aucune raison de manquer cette exposition gratuite au 4ème étage de Harrods !

lundi 13 septembre 2010

Du nouveau chez Liz Earle

Si vous suivez mes découvertes beauté britanniques, vous connaissez sans doute déjà Liz Earle, marque de soin basée sur l’île de Wight et formulée à base de plantes. J’avais aimé la plupart des produits que la marque m’avait gracieusement envoyés, en particulier l’excellent Cleanse & Polish Hot Cloth Cleanser. J’ai eu la chance de recevoir d’autres produits. Parmi eux, quatre ont particulièrement retenu mon attention car ils marquent l’entrée de Liz Earle sur deux segments nouveaux pour cette marque : les solaires d’une part, et les capillaires d’autre part.



Comme vous le savez peut-être, il existe deux types de filtres solaires. D’un côté on a les filtres chimiques (les plus répandus) qui ont l’avantage de ne pas laisser de traces sur la peau, mais présentent l’inconvénient de pouvoir provoquer des allergies chez les sujets à peau sensible – et bien sûr, ils ne sont pas tip-top pour l’environnement.

De l’autre côté existent les filtres minéraux qui présentent l’avantage, pour les consommateurs intéressés, d’être naturels, mais ont l’inconvénient majeur de laisser des traces blanches car ils sont constitués de poudres opaques. Je ne détaillerai pas davantage car ce n’est pas le but de mon article, mais si vous voulez en savoir plus il existe des milliers de pages à ce sujet un peu partout sur le net.

Personnellement, je ne suis pas particulièrement adepte du naturel, y compris en matière de solaires. Je n’avais donc jamais utilisé de filtres minéraux auparavant, bien que j’ai testé certains produits de marques naturelles sur la main histoire de savoir de quoi il en retournait : c’est à du pâteux et de l’épais qu’on a à faire, laissez-moi vous prévenir !
Plutôt adepte de la facilité d’utilisation et du confort avec mes produits solaires, j’ai toutefois joyeusement emporté la nouvelle Mineral Sun Cream SPF20 de Liz Earle. Car il faut dire qu’avec ses textures plus soignées et ses parfums plus subtils que beaucoup de griffes naturelles, Liz Earle avait réussi le pari pas gagné d’avance de me réconcilier avec ce type de marques.


Eh bien laissez-moi vous dire que j’ai été assez déçue. Certes, le parfum d’orange douce est absolument divin et original, à mi-chemin entre la fleur d’oranger suave et l’orange tonifiante. Certes, la texture est meilleure que bien des crèmes solaires naturelles que j’ai rapidement testées jusqu’à présent. Certes, je n’ai pas du tout ressenti le besoin de remettre du produit suite à la première application. Mais celle-ci fut malheureusement un calvaire : répartir la crème sur ma peau a été difficile et pénible. Quant au rendu, il est assez inconfortable : ça colle un peu, et surtout on sent vraiment qu’on a quelque chose sur la peau. De plus, sous la douche, à moins de frotter très vigoureusement, impossible de tout faire partir. Pour couronner le tout, malgré son indice moyen (20), je n’ai quasiment pas bronzé pendant les trois premiers jours de mes vacances à Madère !

Oui, seulement trois – et encore, j’ai voulu abandonner après le premier jour, mais j’ai persévéré pour vous, lecteurs, haha ! – car j’en ai ensuite eu marre, et de l’application, et de l’effet sur ma peau, et de l’absence de bronzage. Je suis alors revenue à mon bon vieux spray Bioderma (toujours SPF 20) qui, bien qu’il ait nécessité plusieurs applications dans la journée, m’a redonné le sourire et m’a permis de bronzer !



Toujours sur le segment des solaires, Liz Earle rattrape le coup avec son après-soleil, le Sun Shade Botanical Aftersun Gel. Sur une base d’aloès, il contient de la lavande pour apaiser, du concombre pour rafraîchir ainsi que de la vitamine E naturelle destinée à contrebalancer les effets néfastes du soleil sur la peau. A l’application, le gel est très frais et aqueux, ce qui procure une sensation instantanée de soulagement. Mes petits coups de soleil ont été vite apaisés et ma peau n’a jamais pelé. Le produit se répartit super facilement et ne laisse pas la peau collante. Mais peut-être est-ce trop : car personnellement, j’aime quand mon après-soleil a une texture qui permet de masser un peu la peau, et qui la laisse satinée. Là, si vous avez déjà appliqué du gel d’aloès pur sur votre peau, sachez que vous aurez le même rendu avec cet après-soleil : un épiderme souple et hydraté, mais avec un fini totalement imperceptible au toucher. Peut-être serait-il judicieux de proposer 2 textures différentes

La senteur est fraîche et un peu piquante : parfaitement en accord avec les propriétés du produit, elle ne gênera pas ces Messieurs. Mais là encore, pour ce genre de produits j’aime plutôt les odeurs plus douces (monoï par exemple) ou clairement cosmétiques (légèrement fleuries)...
Bref, mon avis est donc plutôt mitigé sur ces solaires. Les fans de produits naturels vont sûrement adorer car Liz Earle est, sur ce segment comme sur les autres, fidèle à ses principes ; par ailleurs, ces deux nouveautés semblent clairement apporter un plus par rapport à d’autres produits naturels existants. Mais étant pour ma part un peu indifférente à cet argument, je m’attendais à bien mieux !

















Pour les capillaires en revanche, je vous préviens déjà : c’est une autre histoire… d’amoûûûûr !

Avant de vous parler des produits eux-mêmes, laissez-moi vous conter rapidement l’évènement au cours duquel je les ai reçus de la marque. Alors que pour les précédents, j’avais reçu des jolis paquets à la maison, cette fois j’ai été invitée à un évènement bloggeuses. Il s’agissait du premier du genre pour Liz Earle. Des sessions matinales étaient proposées en plus de celles en fin d’après-midi – étant prise par un dîner d’entreprise ce jour-là, j’ai décidé de participer à la toute première, à 9h du matin.



J’arrive un peu en avance au magasin principal de la marque situé à Sloane Square (Chelsea) et me rends compte que… je suis la seule bloggeuse présente ! Sur le coup j’étais un peu mal à l’aise mais Angela des Relations Presse ainsi que ses collègues m’ont vite mise dans une ambiance sympathique et informelle.

J’ai donc pu discuter à bâtons rompus avec les deux représentantes de la marque présentes ce jour-là. Elles ont toutes deux participé au développement de cette nouvelle gamme de capillaires, et l’une d’entre elles en était même la formulatrice. C’était tout bonnement passionnant et, tout en étant scientifique, le discours qui m’était fait était tout à fait compréhensible pour la non-chimiste que je suis.

J’avoue être restée sans voix quand la formulatrice m’a dit : « Dans votre billet, vous avez regretté que nous parlions de l’île de Wight mais n’utilisions pas d’ingrédients en provenant. Eh bien vous allez être contente car nous avons utilisé une plante originaire de cette île : le crambe maritime »...

...Mais ce n’est rien comparé à ce qui s’est produit une vingtaine de minutes après le début de notre discussion : Liz Earle herself a fait son apparition dans la boutique et est venue papoter avec moi ! Je devine bien que mes lecteurs de France ne voient pas bien où est l’évènement, mais sachez qu’en Angleterre cette marque connaît une croissance colossale, et vient d’être rachetée par le mastodonte américain Avon. Du coup, Liz Earle est actuellement une des personnalités les plus importantes sur la scène du skincare outre-Manche. Cela ne l’a pas empêchée d’être souriante, très abordable, simple et terre à terre. Elle était très soignée – j’ai notamment deviné un brushing tout frais – sans en faire trop : maquillage naturel, pas de lifting (du moins pas que j’ai remarqué), pas d’accoutrement cliché qu’on attendrait de la fondatrice et dirigeante d’une entreprise qui compte. Bref, j’ai vraiment apprécié cet évènement, qui a été un parfait avant-goût à la découverte des produits.


Cette gamme capillaire, qui a été créée suite aux demandes répétées de consommatrices fidèles mais a pris 6 ans à formuler tant Liz Earle voulait des produits parfaits, se compose de seulement 4 produits. Fidèle à son refus des sur-segmentations pas forcément justifiées, la marque propose un seul shampooing pour tout le monde (comme pour son nettoyant visage) mais 3 après-shampooings.

Le Botanical Shine Shampoo est à base de Vitamine E naturelle, d’aloès, de beurre de karité, et d’extraits de pomme et d’orange. Il ne contient ni Sodium Laureth Sulfate, ni silicones. Ses promesses sont simples : nettoyer sans agresser, protéger la couleur, apporter douceur et brillance à la fibre capillaire. Et le résultat est simple aussi : toutes les promesses sont tenues. J’ai testé ce shampooing dans différentes circonstances (cheveux sales, cheveux lavés la veille, après le sport, en revenant des vacances au soleil) et j’ai été parfaitement satisfaite. Le nettoyage est efficace, mais sans pour autant dessécher mon cuir chevelu et mes longueurs. Ma couleur n’a pas été détériorée et la brillance est bien là. C’est aussi au toucher que je sens la différence : mes cheveux sont tout légers, doux et soyeux. Bref, que du bonheur ! Pour couronner le tout, l’utilisation est rapide et agréable : une odeur légère aux agrumes, une mousse abondante (chose rare pour du naturel), pas besoin d’en mettre des tonnes, et un rinçage éclair.



Côté après-shampooing, j’ai demandé celui pour cheveux normaux. Il existe aussi une version pour cheveux secs, que la formulatrice m’a confirmée être bénéfique pour les cheveux crépus, mais aussi, chose étonnante, une version pour cheveux gras. Quand j’ai exprimé ma perplexité devant ce produit, on m’a fait tester les textures des formules pour cheveux gras et cheveux secs : elles sont très différentes, la première étant très légère, l’autre plutôt « doudou ». On m’a expliqué que même les personnes ayant le cuir chevelu gras ont besoin d’apporter de la douceur et de la nutrition à leurs longueurs, à condition de ne pas appliquer d’après-shampooing sur les racines évidemment. Je reste encore un peu sceptique, mais compte sur la compétence des vendeuses de la marque pour éduquer la clientèle et ça va être coton…

Mais revenons au Botanical Shine Conditioner for normal hair. Comme les deux autres Conditioners de la marque, il contient de l’huile de graines de yangu (arbre originaire d’Afrique, surnommé « châtaigner du Cap »), non grasse, qui nourrit la fibre, protège la couleur des méfaits du soleil et aide à discipliner les cheveux rebelles. Quant à son actif spécifique, l’huile de graine de limnanthe (une plante sauvage à fleurs blanches), elle a des propriétés rééquilibrantes et adoucissantes.

Sans silicone lui non plus, il est assez léger, pas gras du tout, tout en étant bien crémeux. Ma grande surprise a été son pouvoir démêlant déconcertant : je ne m’attendais pas du tout à cela d’un après-shampooing naturel. Facile à rincer, ce Conditioner a apporté beaucoup de souplesse à mes cheveux, leur offrant un toucher humecté (j’entends par là « cosmétique », avec un peu de texture qui vous fait sentir que les cheveux ont été « conditioned ») sans pour autant les alourdir. A mes boucles naturelles, le duo a apporté définition et légèreté. Quand je me lisse les cheveux avec mon ghd, j’ai apprécié la protection et la nutrition apportées par ces produits.



Pour résumer, je dirais que pour cette entrée sur deux segments nouveaux pour elle, Liz Earle nous a réservé de sacrées surprises... mauvaises et bonnes !

Côté solaire, elle nous a pondu des produits dans la veine de ce qui se fait sur le segment du naturel, avec des améliorations trop minimes à mon goût pour être en phase avec l’excellence de ses autres produits.

En revanche, côté capillaires, on comprend pourquoi la R&D a mis plusieurs années pour formuler ces petits bijoux : j’ai été ébahie par la qualité de ces produits qui font, je crois, partie des meilleurs que j’ai pu tester jusqu’à présent… une véritable pépite venant de la part d’une marque naturelle !

















Pratique

Mineral Sun Cream SPF20 : 18,50£ le tube de 150 ml, 6,50£ le format voyage (30 ml)
Sun Shade Botanical Aftersun Gel : 13£ le tube de 200 ml, 5,25£ le format voyage (30 ml)
Botanical Shine Shampoo & Botanical Shine Conditioners : 7,5£ le tube de 200 ml, 4£ le format voyage (50 ml)

lundi 23 août 2010

Cowshed

Cowshed est une marque que j’ai découverte pile au moment où  l’idée de créer ce blog a commence à germer. C’était à la rentrée 2009, peu après mon arrivée à Londres. Je me baladais dans Soho après un délicieux English Breakfast (le mythe d’une svelte French beauty-addict vient de s’effondrer !) quand j’ai aperçu la devanture du spa Cowshed.

Car il s’agit d’une marque venue de l’univers du spa dont je voudrais vous parler aujourd’hui. Appartenant a la société d’hôtellerie et restauration Soho House Group, Cowshed a d’abord élu domicile dans le petit village de Babington (sud-ouest de l’Angleterre), dans ce qui fut jadis une étable, d’où le nom de la marque. A la base, les premiers produits lancés en 1998 étaient destinés à être utilisés dans le spa de la Babington House et étaient offerts sous forme d’amenities aux clients de l’établissement. Se décrivant comme l’une des premières marques « spa » à avoir utilisé des huiles, protéines, vitamines et acides gras de plantes, elle étend peu à peu sa distribution bien au-delà des frontières de la tranquille campagne du Somerset…



A l’instar de nombreuses marques britanniques, Cowshed se focalise d’abord sur les segments du bain et de la maison. Ainsi, ses premiers produits – qui font encore partie de leurs best-sellers – sont des gels pour le bain et la douche, des crèmes pour les mains, des huiles de massage et des bougies parfumées.

On trouve ensuite une ligne sobrement baptisée « Skincare », qui regroupe des produits de soin biologiques pour le visage (y compris des huiles à utiliser sous l’hydratant, comme un sérum) et le corps. Jusque là, rien de bien extraordinaire.

Mais deux autres gammes distinguent Cowshed de ses concurrentes.

D’une part, une ligne homme, chose que peu de marques « spa » ont. Et pour bien spécifier a qui s’adresse cette ligne, Cowshed n’y va pas avec le dos de la cuillère : elle l’a baptisée « Bullocks », que l’on pourrait traduire par c*******… mais c’est aussi le terme technique pour parler de celles des bœufs ! Pensez-vous qu’une marque française pourrait avoir le culot et l’audace d’user d’un tel langage ? Je ne crois pas…

D’autre part, Cowshed dispose aussi d’une ligne dédiée aux mamans, « Udderly Gorgeous » et à leurs bébés, « Baby Cow ».




Vous l’aurez deviné, les vaches sont au cœur de l’identité Cowshed. Après tout, quoi de plus normal que de rendre hommage aux anciennes habitantes du lieu où tout a commencé ? Encore une fois, je trouve la marque assez audacieuse de jouer sur le registre moyen à haut de gamme tout en assumant son lien avec l’univers finalement peu glamour de l’étable et des vaches. Mais attention, pas n’importe quelles vaches… car chez Cowshed elles ont chacune leur personnalité qui structure la ligne bain et corps – c’est a vous de décider si vous vous sentez plutôt…

-          Lazy Cow (paresseuse) qui a envie de se relaxer avec des senteurs apaisantes de jasmin, camomille et bois de santal

-          Grumpy Cow (grincheuse) qui aurait besoin d’un sérieux coup de boost fait de mandarine, petitgrain et pamplemousse aux propriétés stimulantes

-          Knackered Cow (crevée) au bord du burn out, à qui un peu de relaxation ferait le plus grand bien (lavande et eucalyptus)

-          Moody Cow (soupe au lait) qui a un sérieux besoin de réguler ses émotions grâce au géranium, au tilleul et à l’encens

-          Horny Cow (chaude !) à la recherche d’ingrédients aphrodisiaques (absolu de rose, patchouli et cannelle) pour booster son capital séduction

-          Wild Cow (déchaînée) à qui la marque demande « wanna get high ? », soit « envie de te faire un trip ? » (là encore, j’imagine mal une marque francaise utiliser ce genre de champ lexical !) et propose des essences revitalisantes comme la citronnelle, le romarin et le gingembre



Quand des marques essaient de mettre un peu de fun dans la segmentation de leurs gammes, j’aime assez. Ca peut parfois être risqué comme je l’ai expliqué dans mon article sur la marque Tigi. Mais quel plaisir de s’aventurer un peu au-delà du minimaliste « femmes / hommes » ou du vu et revu « senteur fleurie / senteur fruitée / senteur fraîche  / senteur boisée » !

Bien sûr, si Cowshed a fait ici preuve d’un peu de créativité, elle n’a pas non plus inventé l’eau chaude : on voit de façon évidente la structure état d’esprit / senteur. Mais je trouve qu’ils ont clairement essayé de se casser la tête avec les noms : c’est clair et explicite, mais à la fois plein d’humour et surtout, spécialité British, d’auto-dérision… Vous imaginez une femme française s’acheter un gel douche estampillé « fainéante » ou « grincheuse » ? Non ? Encore une fois, moi non plus…

L’autre astuce intéressante, c’est que cette segmentation n’est pas trop tranchée : on peut être paresseuse en général, mais être chaude comme la braise certains soirs non ? Par conséquent, cela peut, à mon avis, inciter les clientes à naviguer entre les gammes et non se dire : « Je suis crevée, mais, dommage, je n’aime pas la senteur de la ligne Knackered Cow alors je vais aller voir ailleurs ».

Pour ma part, j’ai testé le gel douche de la gamme Lazy Cow. Je me demandais combien de temps j’allais résister à ces produits aux prix assez élevés… Mais heureusement, un Marie Claire est venu me sauver en proposant un flacon de ce produit en cadeau…

Conseil de French beauty-addict: lors de votre prochain séjour à Londres, faites un tour chez un newsagent et jetez un œil aux magazines féminins – il y a très souvent de beaux cadeaux comme des produits taille vente offerts !

…donc je me suis jetée dessus, évidemment. Et… je n’ai pas été hyper emballée. Il s’agit d’un bon gel douche, qui fait bien son travail sans dessécher la peau. En revanche, je m’attendais à un résultat similaire à ce que j’avais obtenu du gel douche Abahna dont je vous ai parlé récemment, à savoir une peau nettement plus douce et souple qu’avec les gels douche de grande distribution. Et en fait, non. Quant à la senteur, je crois avoir compris que les produits au jasmin ne sentent pas tout à fait la même chose des deux côtés de la Manche : en France si je vous dis « jasmin », vous imaginez une senteur très enivrante, chaude et presque sucrée ; ici, chaque fois que j’ai senti un produit anglais au jasmin, c’était une odeur certes sensuelle mais différente, plus froide, plus végétale. Du coup, si cette senteur est réussie et relaxante, elle m’a déçue dans le sens où elle n’est pas conforme à l’idée de jasmin enregistrée dans mon cerveau.



J’ai discuté de la marque tout à l’heure avec une collègue de travail, qui a bien résumé l’idée que je me faisais de Cowshed. Elle m’a dit qu’elle trouve qu’il s’agit d’une super idée de cadeau avec sa belle gamme de produits, ses packagings et noms jeunes et sympas, et ses formats variés (trousses, tailles voyage…). Mais elle a ajouté qu’elle ne s’achèterait probablement pas ces produits pour son propre usage – car à 16£ le gel douche, c’est trop cher pour elle. C’est un peu là que le bât blesse : Cowshed est plutôt une marque pour offrir – comme tant d’autres marques anglaises que j’ai évoquées sur ce blog. Je suppose que c’est pour aller au-delà de ce positionnement réducteur qu’elle essaie de se faire une place dans les rayons soin du visage. Heureusement, Cowshed est encore jeune et en pleine extension de sa distribution, de quoi lui permettre de rectifier un peu le tir.

Un autre bémol : les vaches, moi, ça me fait penser au lait… Je n’ai pas épluché les compositions de tous les produits donc je ne peux pas formellement affirmer que l’ensemble des références Cowshed est dépourvu de cet ingrédient. Ceci dit, aucune fiche produit ne met en avant le lait ou les produits qui en sont dérivés. Un peu dommage selon moi…

Prochaine étape en ce qui me concerne: j’ai très envie de tester leurs soins en instituts, qui remportent un franc succès si j’en crois les ouvertures qui se succèdent et enthousiasment la presse… Promis, si j’y vais, vous aurez droit à un compte-rendu bien détaillé comme j’en ai le secret ;-)

Et vous, que pensez-vous de Cowshed, et des marques lifestyle en général ?

Réserveriez-vous ces produits uniquement aux cadeaux, avez-vous vous envie d’en essayer un ou deux pour vous ou… carrément de vous offrir toute la ligne de la vache paresseuse ou fatiguée qui est en vous ?

 

 

Pratique

Au Royaume-Uni, les produits Cowshed sont vendus dans une multitude de magasins, des spas en propre aux grands magasins en passant par Boots. Le site officiel de la marque livre en France.

En France, ils ne sont présents, à ma connaissance, qu’au Conran Shop.

Prix : de 14£ le savon liquide pour les mains à 39£ l’exfoliant corps.

lundi 16 août 2010

Les consommatrices anglaises sont-elles des beauty-assistées?

Avec des week-ends bien remplis ici et ailleurs, je n’ai malheureusement pas été aussi prolixe que je l’aurais voulu, aussi je m'excuse auprès de mes lecteurs fidèles ou de passage…

Me revoilà aujourd’hui avec une double tendance à laquelle je réfléchis souvent depuis mon arrivée ici et surtout depuis que je travaille à Londres dans le secteur. Il s’agit d’une part des awards ou récompenses décernés à divers produits par les médias, et d’autre part de l’importance et du crédit accordés aux routines beauté des célébrités.

L'award, bon pour un décollage immédiat


Commençons par les awards. J’en ai saisi l’enjeu au travail, surtout. La première occasion s’est présentée lors de mon stage chez une marque de soin premium. Un des tous premiers projets qui m’a été confié a été de faire concevoir une affichette et un cadre, le tout destiné à être disposé dans l’ensemble de nos points de vente. L’affichette n’était autre qu’un visuel produit accompagné d’un macaron « Best Beauty Buys 2010 » accordé à un de nos produits par le célèbre magazine InStyle. Je n’avais pas saisi l’importance de ce projet jusqu’à ce qu’une de nos responsables de comptoir m’appelle pour me dire à quel point ces affiches avaient boosté les ventes du produit en question

Dans l’entreprise de maquillage grande conso où je travaille depuis maintenant trois mois, chaque award est l’occasion d’essayer d’être plus présents dans l’esprit des consommatrices. Partout où nous pouvons, nous mettons systématiquement en avant ces récompenses. Car en mass, il s’agit encore plus d’attirer l’attention des consommatrices dans un environnement surpeuplé visuellement.

C’est donc de cette façon que je me suis rendue compte du très haut crédit accordé par les consommatrices aux awards décernés par leurs magazines préférés. Elles comptent vraiment dessus pour faire leur choix, bien plus qu’en France où cela reste encore assez anecdotique. Et bien évidemment, les deux sociétés où j’ai remarqué cela ne sont pas les seules à user leurs awards jusqu’à la corde – et pour chaque marque et chaque produit, l’enjeu est si grand qu’on fait tout pour soit glaner un maximum de récompenses, soit essayer de remporter les suffrages des parutions les plus haut de gamme… voire les deux à la fois.

Car pour certains produits multi-récompensés, c’est à un véritable cercle vertueux que nous avons à faire. Je pense par exemple à la marque Liz Earle, dont je vous ai parlé il y a quelques mois, qui affiche une kyrielle de vignettes pour son excellent nettoyant visage : à l’heure actuelle, il s’en vend un toutes les 30 secondes ! Et le même effet peut se révéler encore plus crucial pour une jeune marque : un award décerné par un magazine un minimum crédible, et hop, décollage assuré !...



Bien évidemment, la question qui se pose est celle de la pertinence de ces awards… Dans quelle mesure les médias sont-ils objectifs ? Qui nous dit qu’ils ne les décernent pas comme ils décident des produits qu’ils chroniqueront, c’est-à-dire, assez souvent, en fonction des copinages avec les responsables relations presse, ou des voyages, cadeaux et autres pluies de produits offerts ? (si un mythe vient de s’effondrer pour les plus naïfs [ou les moins cyniques] d’entre vous, lisez ceci d'urgence)

Adoré par une célébrité, rupture de stock assurée


L’autre volet de cet article concerne les célébrités. Si vous trouvez qu’on s’intéresse trop à leurs faits et gestes en France, permettez-moi de vous assurer que vous n’avez encore rien vu. En Angleterre, j’ai l’impression qu’être au courant des opérations de chirurgie esthétique de l’une ou des divorces de l’autres est, pour beaucoup (trop) de gens, aussi vital que profiter des happy-hours du pub en face du boulot. C’est dire…

A cela, ajoutez une habitude de suivre ce qui est décrété à la mode comme des moutons. Si les manteaux jaune moutarde sont décrits comme la dernière tendance et que cela est illustré par une photo d’Emma Watson ou de Carey Mulligan, il se passera la chose suivante : à la pause midi qui suit la parution du magazine, il y aura rupture de stock de manteaux jaune moutarde dans tous les TopShop du pays. Mais c’est aussi ce qui participe à l’audace des Anglaises : peu importe si c’est portable, si ça leur sied ou si cela va avec le reste de leur garde-robe, elles sont assez excentriques pour tout tenter…



Pareil en matière de beauté : elles adorent en savoir plus sur la routine de leurs chanteuses / actrices / bimbos (ou les trois à la fois) préférées avant d’aller dépenser leurs pounds en magasins. Par conséquent, quand la plupart des articles maquillage consistent en des conseils pour répliquer le look de Cheryl Cole, ceux relatifs aux soins de la peau tournent autour d’un captivant décryptage de la trousse toilette d’Agyness Deyn et les pages coiffures donnent la parole à un « expert » vous détaillant les techniques et la liste des produits que vous devrez acheter dans l’espoir d’obtenir un savant effet cramé-sale-décoiffé à la Kate Moss.

Et là encore une fois j’en ai vu les conséquences sonnantes et trébuchantes à mon travail. Chez la marque de soins, lorsque une ex top-model a déclaré utiliser notre baume à lèvres hors de prix, il fut sold out dans nos points de vente londoniens quelques heures après la parution de cette citation. Et là en ce moment on peut remercier la chanteuse d’un groupe tendance qui nous aide à déstocker une de nos nouvelles teintes de vernis à ongles après qu’elle ait déclaré le porter…

Quand une célébrité chouchoute des Anglais est l’égérie d’une marque de cosmétiques et que son minois est affiché partout dans le pays, l’effet peut aussi être dévastateur. Cheryl Cole, qui fait fondre l’ensemble du pays et que L’Oréal Paris a intelligemment choisie pour égérie, a récemment été l’ambassadrice d’une des nouveautés de la marque. Nous avons eu le malheur de lancer un produit sur la même catégorie en même temps, et, ce qu’on appelle amèrement dans mon équipe the Cheryl Cole effect, a fait l’effet d’une tornade : malgré l’excellente qualité du produit (en toute objectivité), et les millions investis pour le promouvoir, c’est Cheryl, à notre grand dam ainsi qu’à celui de tous les autres concurrents, qui a provoqué des ruptures de stock partout dans le pays. Better luck next time…

Campagnes de publicité mises à part, je me fais un peu moins de souci quant à l’authenticité de l’info quand une célébrité parle d’un produit qu’elle recommande – sont naturellement des exceptions les interviews bidons d’égéries de marques diverses qui déclarent utiliser les produits de la société qui les emploie, et, quand elles s’en écartent, citent des produits d’autres marques du groupe (mouahahaaa).

En revanche, les « get the look » me laissent quelque peu dubitative : ce sont très souvent de simples approximations, qui ne sont rien d’autre qu’un angle un peu différent (quoique plus tellement, maintenant) pour présenter les dernières nouveautés beauté.


Prendre une consommatrice par la main


Au-delà de l’importance de la presse – qui a des proportions complètement démentes par rapport à la France, si l’on jette un œil aux tirages des journaux et magazines – ce qui est sous-jacent dans ces deux tendances, c’est cette propension à être crédules et à se faire assister que semblent avoir les consommatrices britanniques. Et ce n’est pas étonnant…

Ici, les femmes n’ont pas autant de forums beauté qu’en France. Ensuite, il n’existe, à ma connaissance, aucun équivalent britannique au site Beauté-Test (mais comment font-elles ?!). Enfin et surtout, il est moins facile de tester librement les produits car la parfumerie libre-service façon Sephora n’existe pas, pas plus que le sympathique Monoprix. Comme je vous l’ai expliqué ici, on a soit les grands magasins avec des comptoirs bien distincts pour chaque griffe où des vendeuses assoiffées de commissions vous sautent dessus dès que vous jetez un œil à leur stand, soit les drugstores où les marques de mass-market sont entassées les unes sur les autres et le conseil généralement absent.

Alors forcément, les consommatrices semblent avoir besoin d’être coachées voire maternées. Heureusement, d’autres acteurs comme les blogs ou la chaîne Space NK ouvrent d’autres perspectives aux consommatrices Anglaises dans la façon de faire leurs choix beauté…



Et vous, quel est votre avis sur la question ? Une « Victoire de la Beauté » signée Marie-Claire peut-elle vous faire choisir un produit plutôt qu’un autre ? Le fait que Marion Cotillard ait déclaré dans Elle, qu’elle utilisait la dernière nouveauté Aquafresh (je dis ça au hasard, hein !) vous laisse-t-il de marbre, ou vous soulage-t-il grandement dans le choix délicat d’un dentifrice ?
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