lundi 23 août 2010

Cowshed

Cowshed est une marque que j’ai découverte pile au moment où  l’idée de créer ce blog a commence à germer. C’était à la rentrée 2009, peu après mon arrivée à Londres. Je me baladais dans Soho après un délicieux English Breakfast (le mythe d’une svelte French beauty-addict vient de s’effondrer !) quand j’ai aperçu la devanture du spa Cowshed.

Car il s’agit d’une marque venue de l’univers du spa dont je voudrais vous parler aujourd’hui. Appartenant a la société d’hôtellerie et restauration Soho House Group, Cowshed a d’abord élu domicile dans le petit village de Babington (sud-ouest de l’Angleterre), dans ce qui fut jadis une étable, d’où le nom de la marque. A la base, les premiers produits lancés en 1998 étaient destinés à être utilisés dans le spa de la Babington House et étaient offerts sous forme d’amenities aux clients de l’établissement. Se décrivant comme l’une des premières marques « spa » à avoir utilisé des huiles, protéines, vitamines et acides gras de plantes, elle étend peu à peu sa distribution bien au-delà des frontières de la tranquille campagne du Somerset…



A l’instar de nombreuses marques britanniques, Cowshed se focalise d’abord sur les segments du bain et de la maison. Ainsi, ses premiers produits – qui font encore partie de leurs best-sellers – sont des gels pour le bain et la douche, des crèmes pour les mains, des huiles de massage et des bougies parfumées.

On trouve ensuite une ligne sobrement baptisée « Skincare », qui regroupe des produits de soin biologiques pour le visage (y compris des huiles à utiliser sous l’hydratant, comme un sérum) et le corps. Jusque là, rien de bien extraordinaire.

Mais deux autres gammes distinguent Cowshed de ses concurrentes.

D’une part, une ligne homme, chose que peu de marques « spa » ont. Et pour bien spécifier a qui s’adresse cette ligne, Cowshed n’y va pas avec le dos de la cuillère : elle l’a baptisée « Bullocks », que l’on pourrait traduire par c*******… mais c’est aussi le terme technique pour parler de celles des bœufs ! Pensez-vous qu’une marque française pourrait avoir le culot et l’audace d’user d’un tel langage ? Je ne crois pas…

D’autre part, Cowshed dispose aussi d’une ligne dédiée aux mamans, « Udderly Gorgeous » et à leurs bébés, « Baby Cow ».




Vous l’aurez deviné, les vaches sont au cœur de l’identité Cowshed. Après tout, quoi de plus normal que de rendre hommage aux anciennes habitantes du lieu où tout a commencé ? Encore une fois, je trouve la marque assez audacieuse de jouer sur le registre moyen à haut de gamme tout en assumant son lien avec l’univers finalement peu glamour de l’étable et des vaches. Mais attention, pas n’importe quelles vaches… car chez Cowshed elles ont chacune leur personnalité qui structure la ligne bain et corps – c’est a vous de décider si vous vous sentez plutôt…

-          Lazy Cow (paresseuse) qui a envie de se relaxer avec des senteurs apaisantes de jasmin, camomille et bois de santal

-          Grumpy Cow (grincheuse) qui aurait besoin d’un sérieux coup de boost fait de mandarine, petitgrain et pamplemousse aux propriétés stimulantes

-          Knackered Cow (crevée) au bord du burn out, à qui un peu de relaxation ferait le plus grand bien (lavande et eucalyptus)

-          Moody Cow (soupe au lait) qui a un sérieux besoin de réguler ses émotions grâce au géranium, au tilleul et à l’encens

-          Horny Cow (chaude !) à la recherche d’ingrédients aphrodisiaques (absolu de rose, patchouli et cannelle) pour booster son capital séduction

-          Wild Cow (déchaînée) à qui la marque demande « wanna get high ? », soit « envie de te faire un trip ? » (là encore, j’imagine mal une marque francaise utiliser ce genre de champ lexical !) et propose des essences revitalisantes comme la citronnelle, le romarin et le gingembre



Quand des marques essaient de mettre un peu de fun dans la segmentation de leurs gammes, j’aime assez. Ca peut parfois être risqué comme je l’ai expliqué dans mon article sur la marque Tigi. Mais quel plaisir de s’aventurer un peu au-delà du minimaliste « femmes / hommes » ou du vu et revu « senteur fleurie / senteur fruitée / senteur fraîche  / senteur boisée » !

Bien sûr, si Cowshed a fait ici preuve d’un peu de créativité, elle n’a pas non plus inventé l’eau chaude : on voit de façon évidente la structure état d’esprit / senteur. Mais je trouve qu’ils ont clairement essayé de se casser la tête avec les noms : c’est clair et explicite, mais à la fois plein d’humour et surtout, spécialité British, d’auto-dérision… Vous imaginez une femme française s’acheter un gel douche estampillé « fainéante » ou « grincheuse » ? Non ? Encore une fois, moi non plus…

L’autre astuce intéressante, c’est que cette segmentation n’est pas trop tranchée : on peut être paresseuse en général, mais être chaude comme la braise certains soirs non ? Par conséquent, cela peut, à mon avis, inciter les clientes à naviguer entre les gammes et non se dire : « Je suis crevée, mais, dommage, je n’aime pas la senteur de la ligne Knackered Cow alors je vais aller voir ailleurs ».

Pour ma part, j’ai testé le gel douche de la gamme Lazy Cow. Je me demandais combien de temps j’allais résister à ces produits aux prix assez élevés… Mais heureusement, un Marie Claire est venu me sauver en proposant un flacon de ce produit en cadeau…

Conseil de French beauty-addict: lors de votre prochain séjour à Londres, faites un tour chez un newsagent et jetez un œil aux magazines féminins – il y a très souvent de beaux cadeaux comme des produits taille vente offerts !

…donc je me suis jetée dessus, évidemment. Et… je n’ai pas été hyper emballée. Il s’agit d’un bon gel douche, qui fait bien son travail sans dessécher la peau. En revanche, je m’attendais à un résultat similaire à ce que j’avais obtenu du gel douche Abahna dont je vous ai parlé récemment, à savoir une peau nettement plus douce et souple qu’avec les gels douche de grande distribution. Et en fait, non. Quant à la senteur, je crois avoir compris que les produits au jasmin ne sentent pas tout à fait la même chose des deux côtés de la Manche : en France si je vous dis « jasmin », vous imaginez une senteur très enivrante, chaude et presque sucrée ; ici, chaque fois que j’ai senti un produit anglais au jasmin, c’était une odeur certes sensuelle mais différente, plus froide, plus végétale. Du coup, si cette senteur est réussie et relaxante, elle m’a déçue dans le sens où elle n’est pas conforme à l’idée de jasmin enregistrée dans mon cerveau.



J’ai discuté de la marque tout à l’heure avec une collègue de travail, qui a bien résumé l’idée que je me faisais de Cowshed. Elle m’a dit qu’elle trouve qu’il s’agit d’une super idée de cadeau avec sa belle gamme de produits, ses packagings et noms jeunes et sympas, et ses formats variés (trousses, tailles voyage…). Mais elle a ajouté qu’elle ne s’achèterait probablement pas ces produits pour son propre usage – car à 16£ le gel douche, c’est trop cher pour elle. C’est un peu là que le bât blesse : Cowshed est plutôt une marque pour offrir – comme tant d’autres marques anglaises que j’ai évoquées sur ce blog. Je suppose que c’est pour aller au-delà de ce positionnement réducteur qu’elle essaie de se faire une place dans les rayons soin du visage. Heureusement, Cowshed est encore jeune et en pleine extension de sa distribution, de quoi lui permettre de rectifier un peu le tir.

Un autre bémol : les vaches, moi, ça me fait penser au lait… Je n’ai pas épluché les compositions de tous les produits donc je ne peux pas formellement affirmer que l’ensemble des références Cowshed est dépourvu de cet ingrédient. Ceci dit, aucune fiche produit ne met en avant le lait ou les produits qui en sont dérivés. Un peu dommage selon moi…

Prochaine étape en ce qui me concerne: j’ai très envie de tester leurs soins en instituts, qui remportent un franc succès si j’en crois les ouvertures qui se succèdent et enthousiasment la presse… Promis, si j’y vais, vous aurez droit à un compte-rendu bien détaillé comme j’en ai le secret ;-)

Et vous, que pensez-vous de Cowshed, et des marques lifestyle en général ?

Réserveriez-vous ces produits uniquement aux cadeaux, avez-vous vous envie d’en essayer un ou deux pour vous ou… carrément de vous offrir toute la ligne de la vache paresseuse ou fatiguée qui est en vous ?

 

 

Pratique

Au Royaume-Uni, les produits Cowshed sont vendus dans une multitude de magasins, des spas en propre aux grands magasins en passant par Boots. Le site officiel de la marque livre en France.

En France, ils ne sont présents, à ma connaissance, qu’au Conran Shop.

Prix : de 14£ le savon liquide pour les mains à 39£ l’exfoliant corps.

lundi 16 août 2010

Les consommatrices anglaises sont-elles des beauty-assistées?

Avec des week-ends bien remplis ici et ailleurs, je n’ai malheureusement pas été aussi prolixe que je l’aurais voulu, aussi je m'excuse auprès de mes lecteurs fidèles ou de passage…

Me revoilà aujourd’hui avec une double tendance à laquelle je réfléchis souvent depuis mon arrivée ici et surtout depuis que je travaille à Londres dans le secteur. Il s’agit d’une part des awards ou récompenses décernés à divers produits par les médias, et d’autre part de l’importance et du crédit accordés aux routines beauté des célébrités.

L'award, bon pour un décollage immédiat


Commençons par les awards. J’en ai saisi l’enjeu au travail, surtout. La première occasion s’est présentée lors de mon stage chez une marque de soin premium. Un des tous premiers projets qui m’a été confié a été de faire concevoir une affichette et un cadre, le tout destiné à être disposé dans l’ensemble de nos points de vente. L’affichette n’était autre qu’un visuel produit accompagné d’un macaron « Best Beauty Buys 2010 » accordé à un de nos produits par le célèbre magazine InStyle. Je n’avais pas saisi l’importance de ce projet jusqu’à ce qu’une de nos responsables de comptoir m’appelle pour me dire à quel point ces affiches avaient boosté les ventes du produit en question

Dans l’entreprise de maquillage grande conso où je travaille depuis maintenant trois mois, chaque award est l’occasion d’essayer d’être plus présents dans l’esprit des consommatrices. Partout où nous pouvons, nous mettons systématiquement en avant ces récompenses. Car en mass, il s’agit encore plus d’attirer l’attention des consommatrices dans un environnement surpeuplé visuellement.

C’est donc de cette façon que je me suis rendue compte du très haut crédit accordé par les consommatrices aux awards décernés par leurs magazines préférés. Elles comptent vraiment dessus pour faire leur choix, bien plus qu’en France où cela reste encore assez anecdotique. Et bien évidemment, les deux sociétés où j’ai remarqué cela ne sont pas les seules à user leurs awards jusqu’à la corde – et pour chaque marque et chaque produit, l’enjeu est si grand qu’on fait tout pour soit glaner un maximum de récompenses, soit essayer de remporter les suffrages des parutions les plus haut de gamme… voire les deux à la fois.

Car pour certains produits multi-récompensés, c’est à un véritable cercle vertueux que nous avons à faire. Je pense par exemple à la marque Liz Earle, dont je vous ai parlé il y a quelques mois, qui affiche une kyrielle de vignettes pour son excellent nettoyant visage : à l’heure actuelle, il s’en vend un toutes les 30 secondes ! Et le même effet peut se révéler encore plus crucial pour une jeune marque : un award décerné par un magazine un minimum crédible, et hop, décollage assuré !...



Bien évidemment, la question qui se pose est celle de la pertinence de ces awards… Dans quelle mesure les médias sont-ils objectifs ? Qui nous dit qu’ils ne les décernent pas comme ils décident des produits qu’ils chroniqueront, c’est-à-dire, assez souvent, en fonction des copinages avec les responsables relations presse, ou des voyages, cadeaux et autres pluies de produits offerts ? (si un mythe vient de s’effondrer pour les plus naïfs [ou les moins cyniques] d’entre vous, lisez ceci d'urgence)

Adoré par une célébrité, rupture de stock assurée


L’autre volet de cet article concerne les célébrités. Si vous trouvez qu’on s’intéresse trop à leurs faits et gestes en France, permettez-moi de vous assurer que vous n’avez encore rien vu. En Angleterre, j’ai l’impression qu’être au courant des opérations de chirurgie esthétique de l’une ou des divorces de l’autres est, pour beaucoup (trop) de gens, aussi vital que profiter des happy-hours du pub en face du boulot. C’est dire…

A cela, ajoutez une habitude de suivre ce qui est décrété à la mode comme des moutons. Si les manteaux jaune moutarde sont décrits comme la dernière tendance et que cela est illustré par une photo d’Emma Watson ou de Carey Mulligan, il se passera la chose suivante : à la pause midi qui suit la parution du magazine, il y aura rupture de stock de manteaux jaune moutarde dans tous les TopShop du pays. Mais c’est aussi ce qui participe à l’audace des Anglaises : peu importe si c’est portable, si ça leur sied ou si cela va avec le reste de leur garde-robe, elles sont assez excentriques pour tout tenter…



Pareil en matière de beauté : elles adorent en savoir plus sur la routine de leurs chanteuses / actrices / bimbos (ou les trois à la fois) préférées avant d’aller dépenser leurs pounds en magasins. Par conséquent, quand la plupart des articles maquillage consistent en des conseils pour répliquer le look de Cheryl Cole, ceux relatifs aux soins de la peau tournent autour d’un captivant décryptage de la trousse toilette d’Agyness Deyn et les pages coiffures donnent la parole à un « expert » vous détaillant les techniques et la liste des produits que vous devrez acheter dans l’espoir d’obtenir un savant effet cramé-sale-décoiffé à la Kate Moss.

Et là encore une fois j’en ai vu les conséquences sonnantes et trébuchantes à mon travail. Chez la marque de soins, lorsque une ex top-model a déclaré utiliser notre baume à lèvres hors de prix, il fut sold out dans nos points de vente londoniens quelques heures après la parution de cette citation. Et là en ce moment on peut remercier la chanteuse d’un groupe tendance qui nous aide à déstocker une de nos nouvelles teintes de vernis à ongles après qu’elle ait déclaré le porter…

Quand une célébrité chouchoute des Anglais est l’égérie d’une marque de cosmétiques et que son minois est affiché partout dans le pays, l’effet peut aussi être dévastateur. Cheryl Cole, qui fait fondre l’ensemble du pays et que L’Oréal Paris a intelligemment choisie pour égérie, a récemment été l’ambassadrice d’une des nouveautés de la marque. Nous avons eu le malheur de lancer un produit sur la même catégorie en même temps, et, ce qu’on appelle amèrement dans mon équipe the Cheryl Cole effect, a fait l’effet d’une tornade : malgré l’excellente qualité du produit (en toute objectivité), et les millions investis pour le promouvoir, c’est Cheryl, à notre grand dam ainsi qu’à celui de tous les autres concurrents, qui a provoqué des ruptures de stock partout dans le pays. Better luck next time…

Campagnes de publicité mises à part, je me fais un peu moins de souci quant à l’authenticité de l’info quand une célébrité parle d’un produit qu’elle recommande – sont naturellement des exceptions les interviews bidons d’égéries de marques diverses qui déclarent utiliser les produits de la société qui les emploie, et, quand elles s’en écartent, citent des produits d’autres marques du groupe (mouahahaaa).

En revanche, les « get the look » me laissent quelque peu dubitative : ce sont très souvent de simples approximations, qui ne sont rien d’autre qu’un angle un peu différent (quoique plus tellement, maintenant) pour présenter les dernières nouveautés beauté.


Prendre une consommatrice par la main


Au-delà de l’importance de la presse – qui a des proportions complètement démentes par rapport à la France, si l’on jette un œil aux tirages des journaux et magazines – ce qui est sous-jacent dans ces deux tendances, c’est cette propension à être crédules et à se faire assister que semblent avoir les consommatrices britanniques. Et ce n’est pas étonnant…

Ici, les femmes n’ont pas autant de forums beauté qu’en France. Ensuite, il n’existe, à ma connaissance, aucun équivalent britannique au site Beauté-Test (mais comment font-elles ?!). Enfin et surtout, il est moins facile de tester librement les produits car la parfumerie libre-service façon Sephora n’existe pas, pas plus que le sympathique Monoprix. Comme je vous l’ai expliqué ici, on a soit les grands magasins avec des comptoirs bien distincts pour chaque griffe où des vendeuses assoiffées de commissions vous sautent dessus dès que vous jetez un œil à leur stand, soit les drugstores où les marques de mass-market sont entassées les unes sur les autres et le conseil généralement absent.

Alors forcément, les consommatrices semblent avoir besoin d’être coachées voire maternées. Heureusement, d’autres acteurs comme les blogs ou la chaîne Space NK ouvrent d’autres perspectives aux consommatrices Anglaises dans la façon de faire leurs choix beauté…



Et vous, quel est votre avis sur la question ? Une « Victoire de la Beauté » signée Marie-Claire peut-elle vous faire choisir un produit plutôt qu’un autre ? Le fait que Marion Cotillard ait déclaré dans Elle, qu’elle utilisait la dernière nouveauté Aquafresh (je dis ça au hasard, hein !) vous laisse-t-il de marbre, ou vous soulage-t-il grandement dans le choix délicat d’un dentifrice ?

lundi 26 juillet 2010

TIGI

J’ai récemment été invitée à un évènement bloggeuses au studio TIGI à Londres pour le lancement d’une nouvelle ligne de soins capillaires : voilà l’occasion parfaite pour vous parler pour la première fois d’une marque made in UK dédiée aux cheveux.

Toni & Guy


TIGI (prononcer « ti-dji »), ce sont les initiales prononcées en Anglais de Toni & Guy. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore, Toni & Guy est d’abord une chaîne de salons de coiffure branchée présente partout dans le monde. Elle a été fondée au Royaume-Uni dans les années 1960 par deux frères : Giuseppe « Guy » (décédé l’an dernier) et Gaetano « Toni » Mascolo.

A partir de là, c’est un véritable empire que les frères Mascolo ainsi que les enfants de Toni, ont construit : car en plus de la chaîne de salons Toni & Guy, il existe aussi les salons Essensuals (plus abordables) mais aussi des lignes d’appareils et surtout de produits capillaires. Il en existe deux principales : « Toni & Guy » vendue en grande distribution dans certains pays, mais surtout « TIGI », marque professionnelle qui est le sujet de mon billet du jour.


La marque TIGI


En France, TIGI, passée récemment dans le giron d’Unilever, n’est pas encore très répandue. Mais je suis certaine que beaucoup d’entre vous ont déjà vu cette marque dans les vitrines de certains salons (souvent jeunes et branchés) sans savoir qu’il s’agissait de TIGI. Jetez un œil aux photos des produits un peu plus bas, cela va peut-être vous rafraîchir la mémoire…

Ici au Royaume-Uni, c’est bien simple : ces produits sont partout. Ici on n’a pas (ou alors je ne les ai pas vu) Eugène Perma, on a assez peu L’Oréal Professionnel, mais on voit beaucoup plus souvent des marques comme Kérastase, Aveda (dont je vous ai parlé ici), Redken, et TIGI.

Et ce n’est pas pour rien que ces produits rencontrent un succès phénoménal ici. Tout d’abord, comme vous l’avez remarqué, les packagings sont très voyants (voire criards), distincts de ceux de la concurrence, et carrément funky ! De plus, les noms sont plein d’humour et de jeux de mots, forcément plus faciles à comprendre dans un pays dont l’Anglais est la langue.

Les lignes


 

La gamme est très (très !) large. Elle comporte 8 lignes différentes dont voici les descriptions données par la marque sur son site français :

- Bed Head : « ATTENTION: Vous devez avoir le sens de l'humour pour utiliser nos produits. Risque d'éclater de rire en lisant l'étiquette des produits, de vouloir essayer plein de looks différents et d'avoir tout le temps envie de vérifier votre look dans le miroir! »



- Catwalk : « Grâce a Catwalk, TIGI démontre avec talent sa passion pour la mode. Catwalk, une gamme de produits capillaires qui affirme le lien très étroit entre coiffure et mode en créant les derniers looks des défilés. Une véritable source d’inspiration pour les fashionistas. »



- Rockaholic : « Nous sommes dans une culture entourée et influencée par la musique - ça vous concerne vous et tout le monde autour de vous - voyez notre manière de nous habiller, de nous coiffer, et même de penser. Allez avouez, vous êtes un(e) Rockaholic! Lâchez-vous et devenez accro tout de suite - testé en tournée, approuvé par les rockstars. »



- S-Factor : « Avec S-Factor, non seulement vous allez vous sentir mieux mais vous serez également plus belle! Comment? Grâce à des produits qui combattent l'humidité, qui apportent de la brillance, protègent la couleur et renforcent le cheveu. Résultat: un look vraiment mis en valeur! »



Voilà pour les 4 gammes principales, auxquelles s’ajoutent Bed Head for Men, Bed Head Make-Up, TIGI Colour (coloration) et Love Peace & the Planet (gamme naturelle).

Comment s’y retrouver ?


Le point positif c’est qu’avec cette multitude de produits et de lignes, il est impossible de ne pas trouver son bonheur chez TIGI : que vous soyez un homme ou une femme, branché(e) musique ou mode, avec des cheveux bouclés ou raides, courts ou long, et peu importe le style de coiffure que vous aimez arborer, vous trouverez forcément un produit hyper ciblé pour vous !

De plus, chacune de ces gammes a des codes graphiques qui lui sont propres : cela aide à les distinguer visuellement, et est un reflet fidèle de la créativité débordante qui constitue une des marques de fabrique de l’empire Toni & Guy.

Cependant, qualité des produits mis à part, j’ai trois interrogations inhérentes à l’essence de la marque.

Premièrement, je suis perplexe quant aux noms. Quand on comprend l’Anglais on ne peut qu’adorer : c’est marrant, moderne, bien trouvé. Mais en France, qui comprend les noms ne serait-ce que des gammes ? Bed Head (tête de lit, mais aussi tête au saut du lit !), Catwalk (défilé de mode)… si vous ne parlez pas Anglais, je ne vois pas comment ces noms peuvent vous parler. Il en va de même pour les noms des produits : Control Freak, Dumb Blonde, Some Like It Hot, Self Absorbed, Catfight…

Deuxièmement, je ne suis pas sûre de comprendre la raison d’être de chacune des gammes qui composent la marque. Je ne sais pas vous, mais les quelques lignes données par la marque sur son site internet ne m’aident guère. En fait, je ne comprends même pas pourquoi il y a tant de gammes... Je fais quoi si j’ai le sens de l’humour, que j’aime la mode ET la musique ? Et S-Factor, à quoi ça sert en fait ? Quant au lancement de Love Peace & the Planet, impliquerait-il que le reste des produits de la gamme est bourré de cochonneries ?...

De la même façon, quelle est la différence entre tous ces produits ? Est-ce que les shampooings pour cheveux colorés que je trouve dans la ligne S-Factor sont moins bien que ceux de la ligne Bed Head ? Et si je veux embellir mes boucles, faut-il que j’achète la collection Foxy Curls de Bed Head, ou alors que je me dirige vers la ligne Catwalk qui a tout un assortiment de produits pour cheveux bouclés ? Et comment trouver le coiffant qu’il me faut parmi les dizaines de produits aux textures différentes proposés par TIGI ?

Bref, je pense que les équipes marketing, commerciale et formation de la marque ont beaucoup de boulot, pas des plus simples mais pas des moins passionnants non plus. Encore faut-il que le consommateur final s’y retrouve

Côté produits, ça donne quoi ?


J’ai connu la marque il y a plusieurs années, en tombant sur un de leurs produits chez… ma belle-famille ! Eh oui, leur salon habituel, situé dans un petit village de Moselle, était à l’époque dépositaire TIGI (je vois cette marque comme plutôt urbaine, mais bon…). Séduite par la couleur vive de la crème bouclante « Curls Rock » de la ligne Catwalk et n’ayant pas emporté de coiffant avec moi, j’ai eu envie d’essayer. Et j’ai tout simplement adoré ce produit ! Sans alourdir mes cheveux, il leur a donné du corps et de la texture. Il était aussi efficace pour définir mes boucles naturelles que pour donner de la vigueur à mon brushing.


Malheureusement, quand j’ai vu les prix hallucinants pratiqués en France par les coiffeurs-dépositaires j’ai un peu déchanté. Puis j’ai travaillé chez une marque de capillaires pros donc je n’ai plus ressenti le besoin d’acheter des produits pour les cheveux jusqu’à la naissance de mes arrières-arrières-petits-enfants… Mais quand j’ai été invitée, en tant que bloggeuse, par leur agence de relations presse pour le lancement d’une nouvelle sous-gamme (!) auquel on m’a même proposé d’emmener une amie, je n’ai pas pu refuser :)

J’ai donc testé pour vous (et un peu pour moi aussi) la nouvelle ligne Urban + Antidotes (le « + » est purement décoratif et ne se prononce pas) qui fait partie de la gamme Bed Head. Le concept de cette ligne courte (3 shampooings + 3 après-shampooings) est intéressant et en parfaite adéquation avec le positionnement urbain, jeune et funky de la marque. En effet, TIGI constate que de façon générale, on a tendance à  nous faire culpabiliser d’infliger divers mauvais traitements à nos cheveux : utilisation d’appareils chauffants, colorations et décolorations, permanentes, abus de produits coiffants… bref, tout ce dont les Anglaises abusent à longueur d’année, quoiqu’on leur dise ! TIGI a décidé de prendre le contrepied de cette approche quelque peu moralisatrice en proposant des soins « interventions » adaptés à 3 niveaux de « dommages ». Et elle met cela en scène à l’aide de visuels bien pensés autour de l’univers de la prison et de la culpabilité, le tout avec des mannequins superbes bien sûr.

 

Pour cette fameuse soirée de lancement, nous étions tout un groupe de bloggeuses, qu’un bus anglais à l’ancienne attendait à Victoria – direction le studio de la marque à Battersea, dans le sud de Londres. Là, un membre de l’équipe ayant participé à la création d’Urban + Antidotes, nous a expliqué le concept de la ligne et a répondu à nos questions. Ensuite, nous pouvions nous faire coiffer et prendre en photo avec une mise en scène façon « prison ». Et là j’avoue ne pas bien avoir compris…

Je trouve ça sympa de nous coiffer, mais, dans la mesure où la nouvelle ligne ne comprend que des shampooings et des après-shampooings, et aucun coiffant, j’ai trouvé cela un peu inutile. Je dois ajouter que, autant mon amie a été super bien coiffée en 5 minutes chrono par une « top stylist », autant le sympathique jeune homme qui s’est occupé de moi semblait avoir un peu plus de mal : après avoir décidé d’humidifier mes cheveux avant de procéder au brushing, il a en fait préféré le faire sur cheveux secs… mais forcément, après m’avoir tiré (et arraché) les cheveux pendant une bonne demi-heure, le résultat n’était pas fameux.

Ceci, ajouté à ma photogénie approximative, fait que je préfère afficher ici la photo de mon amie Julie - merciiii Juliiiiie :-)


Après ces aventures, nous sommes reparties avec les produits adaptés à nos « péchés capillaires ». Niveau 1 de dommage pour moi (utilisation régulière du lisseur mais peu de colorations et bon entretien), niveau 2 pour mon amie (cheveux longs avec mèches claires). Cela fait donc environ un mois que j’utilise le duo shampooing – après-shampooing « Re-Energize ».

Première constatation, ca sent chimique et vraiment trop la noix de coco. Cette dernière est la note de fond commune à toute la ligne Urban + Antidotes et c’est bien joué… du moins pour le marché anglais (ici les filles adorent cette senteur et en abusent) car je doute que cela plaise aux Françaises par exemple.

Deuxième constatation, les produits sont super pratiques à utiliser : ils sont conditionnés en tubes, tête en bas, souples – le top, en fait. Faciles à doser et à appliquer, ils sont en ce sens totalement adaptés à la cible jeune et urbaine.

Ensuite, ils se rincent assez facilement, et ne laissent pas les cheveux gras – j’ignore si les niveaux 2 et 3 ont le même fini. En revanche, gros point négatif, l’après-shampooing n’aide pas du tout au démêlage, ce qui m’a beaucoup déçue. Mais le résultat final est plutôt sympa : tout au long de mon mois d’utilisation, mes cheveux sont devenus un peu plus doux et souples, et j’ai l’impression qu’ils ont été protégés du fer à lisser car j’ai constaté un peu moins de fourches que d’habitude ! Bref, un bon duo de produits, mais je serais curieuse de savoir si les chevelures les plus endommagées ont constaté des changements importants avec le programme 3 « Resurrection » car là est le nerf de la guerre – il ne nous reste plus qu’à guetter les avis bloggeuses & conso…

 

Désolée pour ce long article mais il y en a des choses à dire sur cette marque :-) A vous de prendre le relais maintenant… Connaissiez-vous TIGI ? La rencontrez-vous dans beaucoup de salons de par chez vous ? Quel est votre avis sur le concept et, si vous les avez essayés, les produits ?

Pratique

Pour trouver un salon dépositaire n’importe où en Europe utilisez le Salon Finder sur le site de TIGI.

En France comme en Angleterre, les prix sont très variables, selon la marge que le coiffeur essaie de se faire… En gros, comptez 13€ ou 8£ pour un shampooing et jusqu’à 20€ ou 10£ pour un coiffant. Au Royaume-Uni, on trouve de nombreuses promotions : grands formats, lots de 2, prix réduits et même certains articles atterrissent dans des solderies à des prix dérisoires ! Le bon plan reste de se les procurer sur des sites web comme Feel Unique et tant d'autres.

Les avis conso sur Beauté-Test

lundi 12 juillet 2010

Space NK

En France, pour trouver des produits de marques de niche, nous avons quatre solutions.

La première, c’est d’aller chez Sephora qui propose des marques provenant d'un peu partout dans le monde (enfin surtout des Etats-Unis), en exclusivité. Quand ces marques commencent à grossir, comme c’est le cas de BeneFit ou d’Urban Decay, on arrive à les trouver dans pas mal de villes en France. Malheureusement, quand ces petites griffes n’en sont qu’à leurs débuts, il faut aller dans les plus grands Sephora, souvent situés à Paris.



La deuxième solution, ce sont les grands magasins. Le souci, c’est que contrairement au Royaume-Uni, où la culture du department store est très forte, chez nous, ce ne sont que les grandes villes qui disposent d’un Printemps ou de Galeries Lafayette, et les très grandes qui proposent des marques un peu hors du commun.

La troisième, ce sont les boutiques spécialisées et autres concept stores comme le fameux Aépure qui a ouvert l'an dernier avec force buzz dans la presse et sur les blogs en avril 2009 au coeur de Saint-Germain-des-Prés et a fermé quelques mois plus tard -dommage. Mais je suis certaine que les nouvelles ouvertures de ce genre ne manquent pas en ce moment histoire de proposer une alternative à Colette. Ceci dit, tout ça c'est bien chouette quand on habite à Paris, mais quand ce n’est pas le cas, on se contentera de Lancôme et de Nivea.



Enfin, pour les consommatrices un peu aventureuses, reste l’achat en ligne. Là, c’est un panel infini de possibilités : entre les e-boutiques françaises ultra-pointues et les marques étrangères qui livrent en France, le choix est large. Seul bémol: comment être sûre de choisir la bonne teinte de rouge à lèvre ou la bonne crème pour le visage quand on n’a aucune chance de tester avant d’acheter ?

Bref, tout le monde n’a pas accès facilement aux marques de niche – vous me direz que c’est un peu l’essence du concept. Mais c’est bien dommage, n’est-ce pas ? Combien de marques disparaissent, non pas parce qu’elles sont de mauvaise qualité, mais parce qu’elles ne se vendent pas assez, notamment faute de points de vente ?...

Ma deuxième constatation au sujet des marques de niche, est que, lorsqu’on les trouve chez Sephora ou dans les grands magasins, elles sont un peu noyées dans le flot des marques plus grosses qui, elles, ont beaucoup plus de visibilité en raison de moyens importants consacrés à la publicité ou au merchandising.

Sans compter la supériorité de ces marques auprès des vendeuses : formations coûteuses, concours de vente et bien sûr notoriété… à moins d’être des fans absolues de telle ou telle petite marque, les conseillères beauté vous aiguilleront très souvent vers des noms plus classiques.

Pendant que les boutiques spécialisées en sont aujourd’hui à leurs balbutiements en France et principalement à Paris, au Royaume-Uni cela fait depuis 1993 qu’un concept génial existe, et il s’appelle Space NK.

  


Nicky Kinnaird, native de Belfast (Irlande du Nord) est à l’origine de la chaîne qui porte ses initiales (NK).
Inspirée par les pharmacies à l’ancienne de son enfance, elle a deux obsessions : premièrement, dénicher des cosmétiques et des parfums des quatre coins du monde, sélectionnés par elle pour leur qualité et leur originalité ; deuxièmement, proposer l’ensemble non pas dans une atmosphère froufrou-boudoir-girly, mais dans un cadre épuré et moderne où la consommatrice peut toucher, sentir et essayer les produits.
Sentant qu’il y avait là un marché, elle ouvre son premier point de vente à Covent Garden, en plein cœur du centre historique et touristique de Londres. C’est grâce à elles que les consommatrices britanniques découvrent d’abord Nars, Dyptique, Chantecaille, Eve Lom ou Kiehl’s.


Aujourd’hui, Space NK est présent dans plus de 30 villes dans le pays grâce à une soixantaine de boutiques (plus 4 à New York). Celles-ci sont bien évidemment implantées dans des quartiers plutôt chics et branchés – Nicky Kinnaird a jadis travaillé dans l’immobilier, elle est donc très pointilleuse dans le choix de ses ouvertures de magasins – aussi bien dans les très grandes villes que dans les moyennes.
Et ça, pour moi, est une des forces principales de Space NK : je trouve ça absolument formidable qu’on puisse trouver des marques pointues dans des villes de 20 000 habitants… Soyons un peu moins Paris-centriques et arrêtons de croire que les pouvoirs d'achat élevés sont concentrés uniquement dans les capitales: les villes moyennes regorgent de clientes argentées qui ne demandent qu'à dépenser!

Récemment je lisais une interview de la directrice des achats beauté du Bon Marché qui racontait que la marque la plus performante sur leur site de vente en ligne est Crème de la Mer (marque de soin premium), qui rencontre un franc succès auprès des clientes de "Province" ne pouvant pas trouver cette marque près de chez elles! Pendant que cela nous donne matière à réfléchir, Nicky Kinnaird, elle, compte les millions...

Ce que j’aime aussi beaucoup dans cette chaîne, c’est l’atmosphère des magasins. C’est chic et épuré (la couleur blanche est la signature de Space NK), sans pour autant refroidir les néophytes. Près de tous les produits sont proposés des testeurs (même les produits capillaires ou les crèmes ultra-ultra-luxe), et beaucoup de marques sont disposées à hauteur des mains pour inciter à essayer les produits.
Avec en plus des évènements en magasins, et des espaces « spa » dans certains points de vente, Space NK a réussi à créer un look & feel, une ambiance distincts qui participent au succès du concept.



Mais le facteur-clé de réussite de Space NK, c’est avant tout son extraordinaire assortiment de marques.

Ayant d’abord voulu proposer ce qui se faisait de plus tendance en mode, maison et beauté, Nicky Kinnaird se focalise très rapidement sur la beauté. Grâce à ses voyages autour du monde, à son réseau et avant tout à sa passion pour l’univers de la cosmétique, elle déniche les marques moyen à haut de gamme les plus pointues. En voici un aperçu…

On trouve tout d’abord chez Space NK des marques qui sont devenues célèbres en France ou ailleurs mais qui ont soit un positionnement à part, soit une distribution encore restreinte. Citons notamment Acqua di Parma, Annick Goutal, By Terry, Caudalie, Chantecaille, Dyptique, Kiehl’s, Nuxe, L’Artisan Parfumeur, Laura Mercier, Serge Lutens ou Shu Uemura.










Space NK est aussi l’endroit à privilégier pour les marques techniques de soins : ApoT.Care, Darphin, Dr. Brandt, Dr. Sebagh, Eve Lom, Esthederm, Emma Hardie, NIA 24, Jurlique, Skeen, Kate Somerville, Bakel, Ren, ReVive, Rodial et Zelens par exemple.









Nicky Kinnaird étant une férue de parfums et de bougies parfumées, elle choisit de nous faire découvrir des marques très rares qu’elle est souvent la seule à proposer dans tout le pays : c’est par exemple le cas d’Antonia’s Flowers, Honoré des Prés, Nasomatto…










Et parmi les marques toutes nouvelles et/ou branchées, la fondatrice de cette chaîne a sélectionné des griffes tendances comme Bumble & Bumble, Frédéric Fekkai, Michael Van Clarke et Oribe pour les cheveux ; Elemental Herbology, Lubatti et Love&Toast pour le soin ; Kjær Weis, Rococo et Lipstick Queen en maquillage et bien d’autres encore.










Je suis sûre que même les plus beauty addicts d’entre vous ne connaissent pas ou alors très peu certaines de ces marques ;-) Et pour cause, plusieurs d’entre elles ne sont pas du tout distribuées en France voire aux Etats-Unis.
Et là on se rend compte que Nicky Kinnaird a réussi un autre de ses objectifs : surprendre ses clients, même les plus exigeants. En effet, dans une interview à un journal britannique, elle racontait avoir travaillé en magasins au début de sa carrière, et s’être rendue compte que les shoppers les plus avertis se fournissaient en France, aux Etats-Unis, en Italie et rapportaient des articles introuvables ici. C’est ainsi qu’elle s’est rendue compte qu’il y avait un manque sur le marché britannique, qu’elle s’est empressée de combler… avec brio !

Alors, avez-vous envie de chanter en choeur avec moi "Nicky, on veut Space NK en France"?



Pratique
Avec plus de 60 boutiques au Royaume-Uni dont 27 rien qu’à Londres, vous croiserez forcément un Space NK lors de votre prochaine virée à Londres ou ailleurs dans le pays. Et pour ne rien gâcher, l’excellent site Internet de la marque livre en France :-)

Bon plan: la prochaine fois que vous irez faire les soldes à Londres, faites un tour dans un Space NK - cet été il y a du Lubatti, du Jurlique ou encore du By Terry à tout petits prix!

lundi 5 juillet 2010

Superdrug

Souvenez-vous, début mars, je vous disais tout sur Boots, le n°1 de la distribution de cosmétiques en Grande-Bretagne. Aujourd’hui c’est de son challenger que j’aimerais vous parler, j’ai nommé Superdrug.

Petite clarification : on n’y vend pas de stupéfiants


Alors déjà, pour les non-anglophones, il me faut dédramatiser tout de suite : cette chaîne de magasins ne vend pas de la drogue ! :-) « Drug » en Anglais signifie surtout « médicament », et il est vrai qu’on en trouve chez Superdrug comme chez Boots.

Mais il y a aussi un rapport avec le mot « drugstore », que l’on pourrait traduire par « droguiste » bien que ce mot et ce type de magasin soient très démodé en France. Le drugstore, très répandu outre-Atlantique, vend, en plus des médicaments, des articles d'utilité courante (comme les produits d’hygiène-beauté), et parfois, selon les cas, des produits d’alimentation. Bref, un sacré fourre-tout !

Mais chez Superdrug, contrairement à Boots, on ne trouve pas d’alimentation, ni de développement photo, ni de vêtements pour bébés. Les 900 magasins Superdrug implantés sur les territoires britannique et irlandais sont focalisés sur l’hygiène et la beauté.

D’un rachat à l’autre


L’histoire de l’enseigne débute en 1964 quand Ronald et Peter Goldstein, forts d’une longue expérience dans la distribution alimentaire, décident d’ouvrir un magasin de produits cosmétiques. Deux ans plus tard leur projet voit le jour sous la forme d’un premier point de vente situé à Putney, dans l’ouest de Londres.

Six ans plus tard, Rite Aid, leader des drugstores aux Etats-Unis, entre au capital de Superdrug. En 1981, l’entreprise fête l’ouverture de son 100ème magasin à Manchester. En 1986, c’est Kingfisher qui rachète l’enseigne – vous avez sans doute entendu ce nom car ce géant sponsorise Ellen McArthur et possède entre autres Castorama et BricoDépôt.

En 2001, nouveau rachat, cette fois par Kruidvat, société de drogueries et parfumeries présente en Belgique et aux Pays-Bas. Un an plus tard, le géant chinois A.S. Watson s’empare de Kruidvat… et là je suis sûre que cela vous dit quelque chose, car ce groupe asiatique avait également racheté notre célèbre Marionnaud ! Donc si on résume, A.S. Watson possède, dans le seul domaine de l’hygiène-beauté : Marionnaud, Superdrug, The Perfume Shop (parfumeries un peu à la française situées en Angleterre), Savers (hygiène – beauté – produits pour la maison pas chers), Kruidvat, Ici Paris XL (chaîne de parfumeries belge qui appartenait à Kruidvat), et bien d’autres enseignes inconnues en Europe occidentale. Je ne sais pas vous, mais moi, ça me donne le tournis. Ceci étant dit, je ne vous ai pas bassiné avec ces histoires de rachats pour rien : vous allez voir que la patte A.S. Watson est très présente chez Superdrug comme elle l’est de plus en plus chez Marionnaud…

Le jeu des 4 différences


Un positionnement résolument d’jeuns


Superdrug ne cache pas qu’elle a pour objectif de se moderniser de plus en plus afin d’attirer une clientèle jeune. Contrairement à Boots, qui a un positionnement plus axé santé / sérieux avec ses hôtesses de caisse en blouse blanche et son logo à la typo un peu veillotte, Superdrug mise résolument sur une approche plus fun et plus détendue.

Logo rose fluo sur fond noir, importance donnée au maquillage, réputation bon marché (même si cela n’est plus tellement vrai aujourd’hui car Boots et Superdrug se doivent d’avoir les mêmes promos en même temps comme je l’ai expliqué ici), tout contribue à faire de l’enseigne à l’étoile le point de chute favori des petites Anglaises à la recherche d’un vernis bleu fluo pas cher pour aller avec leur rouge à lèvres orange et leur blush fuchsia.

Priorité au maquillage


Alors que Boots mise sur les marques de soin moyen de gamme aux accents niche et multiplie les magasins flagships dans lesquels elle a la place d’intégrer des comptoirs de marques haut de gamme à luxe comme BeneFit, Clinique ou Chanel, Superdrug ne s’encombre pas de tout cela.

En revanche, elle met très clairement l'accent sur le maquillage avec une offre pléthorique de marques, tant externes que développées par elle. Si vous avez envie de rapporter du maquillage pas cher et introuvable en France, vous pourrez être intéressés par :

- MeMeMe cosmetics – à lire « mimimi » et non « mémémé » : cette marque a l’esprit glam-rock me fait penser à un mélange de BeneFit (ouh la copie évidente du BeneTint !) et d’Urban Decay, version cheap. Bref, MeMeMe est avant tout une marque me-too

- GOSH cosmetics est une marque danoise créée il y a plus de 25 ans. Le crédo de la marque : qu’importe si ça flashe ou brille trop, pourvu que ce soit (plus ou moins) tendance !



- Sleek Makeup est la marque anglaise qui fait du bruit (et dont il faut que je vous parle bientôt) grâce à ses produits hyper pigmentés dédiés initialement aux peaux noires, le tout à des prix très serrés.




- 2true est le spécialiste des prix imbattables : 1,95£ pour tout, du mascara au gloss en passant par l’anti-cernes, c’est une sorte d’e.l.f. vendu en magasins physiques…



- …tout comme Makeup Academy (MDD), où là tout est à 1£ et dispo dans les couleurs les plus improbables.

- New York Color est un peu dans le même genre côté prix, sauf que cette marque, grâce sans doute à son appartenance au géant Coty, réussit à sortir des produits de meilleure qualité associés à un positionnement plus branché.


Des points de vente moins soignés


Ce qui tranche avec son concurrent Boots, c’est que Superdrug n’est pas aussi focalisé santé. Sur les 900 succursales, seules 200 disposent d’un corner « pharmacie ». Et quand moins de clients viennent dans les magasins pour acheter des médicaments sur prescription, cela contribue forcément à avoir une clientèle plus jeune, et une ambiance qui va avec – d’autant que les marques de luxe sont absentes comme je l’ai précisé plus haut. Du coup, Superdrug se permet d’offrir à ses visiteurs une atmosphère plus décontractée… qui va malheureusement de paire avec un merchandising qui laisse un peu à désirer.

Et là est, selon moi, le premier gros point noir de Superdrug, qui me dissuade vraiment d’aller y faire mes achats plutôt que chez Boots. Que vous alliez dans un petit Superdrug en bas de chez vous à celui d’Oxford street, vous retrouverez le mélange de désordre, de négligence (testeurs manquants ou souillés, meubles abîmés…), d’affiches promotionnelles ayant l’air d’être faites à la va vite, de vitrine un peu fouillis et de mauvais entretien en général. Du coup, non seulement ça donne une impression bas de gamme, mais en plus on a du mal à s'y retrouver et on a parfois le sentiment que le tout est un peu laissé à l'abandon... D'ailleurs, j'ai cru remarquer une dégradation chez Marionnaud suite au rachat de la chaîne par A.S. Watson - coïncidence? je ne crois pas...

Alors forcément, les « adultes » et les personnes plus aisées ont tendance à éviter Superdrug, et ce n’est pas qu’une impression : au quotidien dans mon travail, je vois la différence en termes de ventes. Par exemple, ma marque a récemment lancé, entre autres, deux nouvelles teintes de vernis à ongles : l’une, portable, va à tout le monde ; l’autre, assez improbable, est clairement destinée aux jeunes. Chez Boots comme chez Superdrug, la « portable » est n°1 des ventes. Quant à l’autre, elle est n°2 chez Superdrug mais… n°5 chez Boots ! Les chiffres ont parlé…


Un marketing à peaufiner


Comme Boots, Superdrug met en place des promotions différentes tous les mois. Comme Boots, Superdrug propose à ses clientes un magazine, Dare (= "Ose") qui n’est autre qu’un amas de publicités plus ou moins habilement déguisées (comme Health & Beauty de Boots)– avec une mise en page et des contenus différents pour s’adapter à sa cible plus jeune, naturellement.

Là où Superdrug marque un point, c’est grâce à son blog. En mettant en place cet outil de communication jeune, ludique et moderne, l’enseigne montre qu’elle sait s’adapter à sa cible et s’offre un outil de contact avec ses consommatrices plutôt bien pensé. Les articles ne cassent pas trois pattes à un canard… néanmoins, au vu du positionnement de Superdrug, on n’attendait pas non plus du Proust.



En revanche, là ou Superdrug perd un point – et c’est là le second point noir qui fait que je vais TOUJOURS chez Boots – c’est l’absence de carte fidélité. Or, quand on connaît l’efficacité du système mis en place par Boots, on ne peut que se demander ce que fout Superdrug à part compter les points d’écart de part de marché… D’autant que, comme tout marketeur sait, la carte fidélité est non seulement un outil de… fidélisation qui permet de booster les ventes, mais aussi une formidable mine d’informations ultra-détaillées de chaque fait et geste de chaque client, offrant une infinité de possibilités en termes d’activités promotionnelles.

J’y vais, j’y vais pas ?


Lors de votre prochaine visite à Londres, je vous conseille une virée chez Superdrug – de préférence un assez grand afin d’avoir un maximum de choix si vous…
… cherchez des marques de maquillage introuvable ailleurs et pas chères
…voulez un bon choix de produits en taille voyage
…trouvez l’ambiance un peu vieillotte chez Boots .

Autrement, vous l’avez compris : filez chez leur concurrent, ce n’est pas pour rien qu’il est le n°1 de très loin !

Pour ma part en tous cas, vous connaissez déjà ma préférence… qu’en est-il de la vôtre ?
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